Première fête de Pâques de nos fondatrices (1897)

« Le Jeudi-Saint nous sommes allées au Cénacle. Quelle émotion de songer que c’est là, à pareil jour et presque à pareille heure que Notre Seigneur nous a fait le Don précieux entre tous de l’Adorable Sacrement.

Du Cénacle nous nous sommes rendues à la Grotte de l’Agonie ; c’était encore suivre le Maître qui ne quitta la Salle du Divin festin que pour gagner la sombre grotte et le jardin témoins de sa cruelle Agonie. Mère Marie Joseph, heureuse de satisfaire les pieux désirs de ses filles, avait décidé que toutes ensemble passeraient la nuit du Jeudi au Vendredi Saint, en prière et en adoration dans la Basilique du Saint Sépulcre.

Le Vendredi-Saint la petite famille a pris part au Chemin de la Croix à travers les rues de la Cité. Il faut avoir vu, entendu, cette foule compacte se déroulant dans les rues… pour s’en faire une juste idée ;

mais voir cela à Jérusalem, en un pareil jour, au moment du Chemin de Croix, n’est-ce pas pour le petit nombre des fidèles, une reproduction saisissante et pleine d’émotion, de ce qui se passait dans ces mêmes rues lors du premier Vendredi Saint, lorsque Notre Seigneur, portant une lourde Croix, marchait péniblement pour se rendre au Calvaire précédé, entouré, suivi, d’une foule semblable…

Nous faisions en sorte d’éviter la foule qui se pressait dans la Grande Basilique, et à l’exemple des Saintes Femmes… nous restions à l’écart bien près du Calvaire… nous nous sentions là à notre vraie place près de Notre Divine Mère au Pied de la Croix…"

« Le Samedi Saint, nous sommes retournées de bonne heure au Saint Sépulcre. La foule si grande qui assiégeait hier l’Édicule ne nous avait pas permis d’y entrer.

C’est là tout près du Saint Tombeau que… nous avons renouvelé nos vœux, si heureuses et reconnaissantes de notre sort, que nous ne nous sentions plus de bonheur.

Puis ce fut le jour de Pâques, qui en cette année 1897, tombait le 18 avril. Tous les carillons de la Ville Sainte se faisaient entendre… Le Saint Sépulcre avait revêtu sa plus belle parure ; les richesses inouïes de son trésor étaient étalées là pour redire à tous la foi des chrétiens de tous les âges…

La Sainte et Antique Jérusalem, éclairée par son splendide soleil de printemps semblait se rajeunir, toute fière de pouvoir revendiquer ses droits uniques, d’avoir été le théâtre de si grandes merveilles de l’amour de Dieu envers la pauvre humanité…

Pendant les trois jours saints, la majesté des cérémonies qui se déploient au Saint Sépulcre, ce lieu saint entre tous… est d’un effet à la fois grandiose et impressionnant, qui pénètre d’autant plus les âmes chrétiennes quand on pense qu’on est sur les Lieux mêmes où ces adorables mystères de notre Rédemption se sont accomplis. »