Saisir la main du Christ

  • Extrait du commentaire du Père Joseph sur le verset du Psaume ’Perfice gressus meos" : Seigneur, que mes démarches soient rendues parfaites.

Seigneur, que mes démarches soient rendues parfaites

Perfice gressus meos in semitis tuis non moveantur vestigia mea Ps 16
Il convient que je vous explique le texte de ce psaume et que par icelui, je vous fasse voir le besoin que vous avez de la persévérance. Votre fin est d’aller à Notre-Seigneur et pour cet effet, il faut suivre ses pas et marcher par le même chemin qu’il a tenu. Toutes les bonnes âmes aspirent à être toujours dans l’amour de Dieu. C’est là notre fin, de demeurer continuellement dans ce centre.

Les trois abîmes

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Mais il faut considérer que nous avons trois abîmes :

  • celui de notre origine, car nous avons été tirés du rien ;
  • celui du péché originel, contracté par nos premiers parents et lavé par le baptême,
  • et celui de nos péchés actuels.
    Il est bon de les considérer quelques fois en passant, afin de nous faire avoir un plus grand recours à Dieu et nous défier de nous-mêmes.

Saint Paul, dans la lettre aux Romains déplore cette misère : oh ! moi, homme malheureux, qui me délivrera de cet abîme de péché et de ce corps de mort ?
En effet, qui nous délivrera de cet abîme ? Ce sera la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ. Il ne faut pas aller chercher bien loin ; c’est de ce Jésus qu’il faut approcher, hors de là, il n’y a point d’espérance.
Mais où le trouverons-nous ? au fond de notre cœur ; ce qui est un grand sujet de consolation, car s’il le fallait aller chercher bien loin, cela nous découragerait.

La grâce du Ressuscité

Le Fils de Dieu a voulu subir la mort corporelle pour nous délivrer de l’éternelle et nous ramener au Ciel après nous avoir retirés du fond de l’abîme des ténèbres où nous étions plongés. Il y a un beau passage au chapitre 8e de la Lettre aux Romains qui affirme : si vous confessez de bouche et croyez que Dieu a ressuscité son Fils des morts, vous serez sauvés, car on croit de cœur pour être justifiés, et on confesse de bouche pour avoir le salut. Mes filles, votre délivrance est bien proche de vous, elle est dans votre cœur et dans vos mains.

La confiance

Perfice gressus meos : Seigneur, que mes démarches soient rendues parfaites par votre sainte grâce. Le moyen est la persévérance, car sans persévérance, vous ne pourriez sortir de votre abîme et monter au ciel. A nous de faire profit de la grâce que Dieu nous présente et le prier de parfaire l’œuvre de notre vocation. Mais, me direz-vous, le moyen de persévérer ? C’est la confiance. C’est la base et le fondement qui doivent affermir votre âme dans toutes ses résolutions. Quel est votre empêchement ? C’est le défaut de confiance, c’est là votre obstacle qui vous empêche plus que tout le reste. C’est que cet abîme de vos misères vers lequel vous penchez si souvent vous fait tourner la tête vers le poids ; et la pesanteur naturelle vous fait presque perdre courage. Il faut espérer que Dieu nous aidera à sortir de notre abîme en lui coopérant, car pour que l’espérance soit bonne, il faut qu’elle soit accompagnée de cette coopération et volonté de quitter le péché.

Le bon chemin

Pour vous faire comprendre ce discours, je vous dirai que David, au verset ci-dessus, demande 3 choses :

  • La première, que Dieu rende ses démarches parfaites ;
  • la seconde, que ce soit la voie de Dieu ;
  • et la troisième, que ses pas ne soient pas ébranlés.
    Les démarches de notre âme, ce sont les bonnes actions que nous faisons. La voie de Dieu, c’est l’imitation ; et les pas, ce sont les bonnes résolutions. L’âme dit : “mon dessein est de suivre notre Seigneur, de marcher en toutes ses voies”.
    Il n’y a que 2 chemins, l’un bon et l’autre mauvais. Ne vaut-il pas mieux aller par la bonne voie ? Quelle peine y avez-vous ? C’est votre ignorance qui vous fait appréhender les difficultés, car quelle peine y a-t-il à sortir du mal et à se mortifier ? Jamais on ne se fait violence en quoi que ce soit qu’on ne ressente sur l’heure même, joie et consolation très grande. Il faut donc prendre un peu de peine pour acquérir la perfection et en prendre au moins le chemin, car notre Seigneur ne nous oblige pas d’être parfait tout d’un coup, mais bien d’y tendre et d’avoir la volonté de le suivre.

Les quatre tentations

Toute la conclusion consiste à tenir ses pas affermis. Il n’y a que quatre choses qui puissent ébranler et nous faire manquer de confiance :

  • La première, c’est quand la foudre tombe sur sa tête ;
  • La deuxième, c’est quand le vent est impétueux ;
  • La troisième, c’est quand une personne puissante l’emporte ;
  • La quatrième, c’est quand la terre s’ouvre sous ses pieds…
  • ce qui exprime 4 tentations.

Le secours de Dieu

Que faut-il faire en cet état ? Il faut dire avec David : “Seigneur, ayez pitié de moi !” Jamais Dieu ne laisserait tomber une âme qui se confie en lui et qui implore son secours. Quand une âme ressent ce secours, oh ! comme sa confiance s’accroît ! Quand elle voit son abîme qui s’ouvre, elle s’écrie vers son Dieu et dit : “Seigneur, je vois bien que sans vous je serais perdue, car voilà mon abîme qui s’ouvre pour m’engloutir.”

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Quand saint Pierre était sur les eaux, quand sa foi vint à défaillir, il allait au fond, mais il fut incontinent relevé par notre Seigneur qui lui tendit la main. Quand nous nous trouvons en de grands abîmes de tristesse, de découragement, de défaillance, d’inquiétude qui nous menacent du naufrage, oh ! c’est alors qu’il fait bon se confier en Dieu !
Ainsi l’âme s’attache à Dieu fortement, s’élève de la créature au Créateur et laisse le rien pour le Tout.