17 Août 2009 : Rencontre avec Emile Moatti

Les amis de nos amis sont nos amis… Grâce à notre amie, Anne-Marie Viry, nous faisons la connaissance d’Emile Moatti, un homme plein de convictions et qui respire la bonté.

Une expérience primordiale de fraternité

Né dans une famille juive d’Algérie, autrefois en Andalousie, Emile Moatti expérimente avec bonheur une vie où musulmans, chrétiens et juifs vivent en bonne intelligence grâce à un fort climat de vie spirituelle.

Venu à Paris pour ses études puis son travail, il apprend à faire silence sur sa religion, puis devient assez vite un bon français moyen, laïc, oublieux… En 1959, son travail le conduit en URSS. Profondément marqué par les persécutions contre les croyants, il décide une visite en Israël. C’est une découverte qui change sa vie : ’Jérusalem parle au cœur de chacun’. En 1962, le rapatriement des français d’Algérie le met en contact avec des juifs religieux et il constate que les ‘pratiquants’ sont mieux plantés dans la vie et plus résistants au malheur.

Avec Vatican II et la Constitution ‘Nostra Aetate, une ouverture vers l’Eglise catholique permet la création de la Fraternité d’Abraham avec André Chouraqui, le Père Riquet, Boubkeur (recteur de la mosqué de Paris).

La rencontre d’Assise

En 1986, décrétée Année de la Paix par l’ONU, Jean-Paul II a l’initiative de la réunion d’Assise. Emile, sans doute grâce à son amitié avec le Cardinal Decourtray, est invité par le Vatican pour y représenter la Fraternité. Expérience forte qui coïncide avec celle de Kippour et de Sukkot : pardon, réconciliation, jeûne, prière, actes de charité. Pour lui, c’est cela qu’il faut développer, internationaliser, pour arriver à une communion universelle.

Après 40 ans, le voilà revenu ‘en Terre Promise’. Mais le Seigneur lui a dit : ‘Tu ne reviens pas tout seul’.

La grande question

Comment créer des liens entre les communautés de telle sorte que chacun se sente frère de tous les autres ? Il porte une conviction : seule la foi en Dieu peut rassembler. Car ce ne sont pas tant les religions qui sont coupables de violence, que l’orgueil et l’autosatisfaction des hommes.

‘Tout homme qui travaille pour la justice et pratique la miséricorde, même l’eunuque, même l’étranger, je les comblerai…’ (cf. Is 56).

Pour finir : un proverbe touareg :

Un homme aperçoit de loin une ombre. ‘C’est un ennemi’, pense-t-il. Mais à regarder plus attentivement, il voit que l’homme a son fusil en bandoulière. ‘Ce doit être un étranger’. Et voici que l’homme s’approche et l’invite à partager son repas. ‘C’est un ami’, se dit-il. Une fois le pain rompu, il conclut : ‘je pensais que c’était un ami, c’est même un frère’.